Impoli-tics du Jeudi 27 Décembre 2018

89

Du Tegbenisme en veux-tu ? En voilà

Le Bénin est un pays extraordinairement merveilleux. Il n’est plus question d’en douter après tout ce qui a été entendu depuis une dizaine de jours lors de l’hyper-médiatique procès ICC Service. Et la méga star de ces séances fleuves, c’est bien le malheureux Émile Comlan Tegbenou, un des cerveaux pensants de la pyramide de Ponzi à la sauce béninoise qui fit des centaines de milliers de victimes essentiellement dans le Bénin méridional. Les Béninois ne se lassent pas de laper les révélations croustillantes du sieur Tegbenou sur ceux qui auraient profité de sa générosité pendant qu’il cohabitait avec une montagne de 27 milliards de francs CFA dans son domicile. Et d’ailleurs l’accusé semble avoir une mémoire de pachyderme quand il s’agit de faire sa liste des proches de Yayi, bénéficiaires de sa générosité. Et il s’y met à coeur joie, jusqu’à l’amalgame, mélangeant générosité et apurement de facture de prestation. Et le bas peuple s’en délecte à pleine mesure. Et c’est tant pis si ce malin de Tegbenou qui affirme n’avoir jamais mis pieds à l’école, qui passe de façon prodigieuse de… 20 milles francs à 80 milles francs de salaire dans la structure ICC Services, qui pourtant payait son garde du corps à 50 bons mille francs, c’est tant pis s’il est malicieusement en train de nous éloigner de la réponse fondamentale à cette question fondamentale attendue du procès: qui sont les responsables de l’arnaque ? Quand d’ailleurs ce procès va se refermer, comme il a commencé, c’est-à-dire en fanfare, il n’est pas exclu qu’il y ait eu finalement plus de bruits (de fanfare) que de crissements de billets de banque pour rembourser les spoliés qui se sont faits lier par l’offre de ces Madoff.
Aristide G.

Méga ICC

Le méga médiatique procès ICC aura occupé l’esprit déjà passablement gris des Béninois, au point de faire passer sous silence tous les autres sujets de l’actualité nationale, comme cet exploit de Foo Patou de faire passer son budget de l’année prochaine, comme lettre à la poste devant les députés. Et ce n’est pas un mince exploit, malgré les rodomontades du jeune honorable Mitokpè ou de Mémé Zizine qui ne décolère toujours pas contre notre Agbonnon national. Le plus heureux doit être notre inratable tontinier national, Romi qui aura réussi à faire passer toutes ses taxes dans le nouveau budget. Pour le moment il y a le croustillant ”atchonmon» ICC sur toutes les langues. Quand ce providentiel amuse-gueule passera, nos frères Zemidjan qui actuellement se tiennent debout sur le siège de leurs motos pour écouter le procès en libre retransmission chez le dépanneur du coin, devront croquer l’amer comprimé des taxes mensuelles sur la Zemidjanerie qui s’élève désormais à près de 5 mille francs par mois. L’équivalent du budget de loyer de beaucoup d’entre eux à Hêvié.
A. G.

Sachants ou chassés ?

La médiatisation de ce procès depuis quelques jours, devrait avoir sensiblement enrichi le vocabulaire du bas peuple avec des vocables sombres et fermés comme par exemple le titre «Sachant». C’est en tant que «sachant» que PIK, l’ancien premier ministre de Yayi a fait sa déposition. Il en est de même pour le bouillantissime Armand Zinzindohoue, le ministre Tokpanou et le vieil Anki Dosso, ancien directeur général de la police nationale au moment de l’arnaque. Le problème est que les «sachants» ainsi présentés, jurent ne rien savoir du tout. Oh que si ! Anki Dosso lui, heureusement dit savoir des choses sur ce que sait Armand Zinzindohoue dans cette affaire. Et boom, voilà le procès qui reprend une nouvelle direction. La vieille sagesse populaire n’aura jamais été autant mise à mal: un chasseur sachant chasser doit pouvoir chasser sans son chien de chasse. Mais le «sachant» sachant chasser dans cette affaire ICC n’en mène pas large devant la CRIET, augmentant le risque de passer de sachant à … chassé.
Aristide G.

Syndrome Anfani ?

Ce qui était annoncé comme un coup de semonce du parti républicain au mastodonte politique de Porto-Novo, Hagbè Adrien samedi dernier, fut à l’arrivée, ni plus ni moins qu’un éclatant fiasco, avec des gradins du stade Charles de Gaulle quasiment vides. Les organisateurs du meeting politique du parti républicain à Porto-Novo, dans l’antre du PRD, n’ont visiblement pas tiré grande leçon de la raclée monumentale reçue par Zogang et son «Anfani» il y a quinze ans. Mais bon, on peut faire comme cet inarrettable optimiste du parti républicain qui fit cette analyse : «Au temps de Anfani, les foulent étaient sorties et Zogang n’a rien eu dans l’urne. Aujourd’hui l’absence de la foule nous rassure donc».
Pas si simple, le raisonnement politique !
A. G.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.