2019 BONI YAYI : SOUS LE CHANT DES CYGNES

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Le Bénin risque de connaitre une deuxième réincarnation majeure, après celle d’un dieu à Gbanamè. Boni Yayi a décidé de jouer la feinte scène jusqu’au bout et draine toujours du monde. Ceux qui pensaient que c’est seulement à la CRIET que son nom est le plus populaire peuvent se faire une raison. Son évangile est celui d’un Jésus béninois noir, avec une coupe de vin et de venin. Sauver les Béninois de l’enfer du nouveau départ ne peut se faire sans une bonne dose de béninoiserie. Il n’est jamais trop tard pour un très grand destin. Et sonner la trompette du retour du divin enfant ne manque pas d’effets sur la foule, elle accourt. La liesse des femmes et des zéms a été débordante. Les femmes et la plèbe ont, de tout temps, été les détonateurs des grands chamboulements. Et Yayi qui a lu et relu Le Prince de Machiavel manie la manivelle de la bonne nouvelle avec dextérité. Une revanche sur les intellos, les bourgeois et les narquois, enivrés d’ingratitude.
En effet, le paysage politique de ces derniers mois a révélé une horde de politichiens qui ont retourné leur veste de façon radicale, laissant le « vieux père Lion » plein d’amertume. Il ne « bonda » pas ! Il rongea ses freins en allant par monts et vallées prêcher son évangile aux pauvres et aux laissés-pour-compte de la rupture. Tant que c’est loin de Cotonou, ça tient. Sauf que les ingrats sont plus déterminés à le plomber. Anciens ministres, députés et anciens intendants repassent sur les traces de Yayi-le-nouveau-Christ pour semer de « l’ivraie ». Ceux-là qui lui ont léché le cul sont donc revenus pour l’enculer, maintenant que la salive a séché. Un crime de blesse-majesté. Mais c’est le côté épicurien de la traitrise. Cependant, les « Sans-dents » sont nombreux et partout, surtout à Cotonou. Ils ont cherché Yayi-Christ pour le miracle de pain et de poisson du nouvel an. Et ils l’ont trouvé chez lui, dans une liesse de chants et de prières. Le tympan de certains auto-bloqués a dû grésiller. La réalité est que Yayi a son monde à lui, mine de rien. Et Agbonnon n’y peut rien. Lui qui, après trois budgets à l’Assemblée nationale, a définitivement fait la preuve aux Béninois qu’il est un faucon Républicain qui carbure sec dans sa cervelle: ses sous ne tombent pas ! Rien d’étonnant que Yayi draine encore du monde. Celui dont on pense qu’il est fait comme un rat a trouvé d’autres rats d’église à sa chorale. Mais Yayi qui refuse de se laisser enterrer est un gros caillou dans la chaussure du nouveau départ. Il n’y a qu’à voir ces nombreuses femmes rondes, les foulards en parasols, qui jouissent littéralement de ses sermons de Père Gaspard, comme si elles ont toujours vécu auprès de maris impuissants. La foule qui danse pour Yayi, c’est un doigt d’honneur pour ceux qui s’activent à l’isoler par tous les moyens, principalement avec le procès ICC services.
Des rancunes et des histoires développées ou contées ici et là dans ce procès de la rupture ont laissé des traces d’instructions et d’invectives venant du sommet de l’Etat. Lui sont tombées sur la tête, depuis des semaines, des déclarations de boucs émissaires, des patrons de la police, des maîtres-chanteurs et initiateurs du système d’escroquerie. Cette massification des accusations contre du Vieux-Père-Lion a de quoi donner quelques frissons dans la crinière. Il est prouvé que la gestion du pouvoir d’Etat sous les tropiques ne répond pas toujours aux règles en la matière. Et le populisme est un raccourci vers les profondeurs de l’immoralité. Mais avec cette foule acquise à sa cause, Yayi-Christ n’a pas de quoi craindre la crucifixion. A la CRIET, les boucs et émissaires peuvent continuer leur boucan ; pour lui, aller à la CRIET, c’est niet ! Agbonnon chauffe grave. Mais Yayi tient son bouclier…humain.
RIM

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