BAGARRE EN CONTREBANDIERS DE L’ESSENCE A ABOMEY : INFORMEL DITES-VOUS ?

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Ainsi que l’a annoncé l’Agence Bénin Presse dans une dépêche publiée le 14 janvier, un accrochage entre vendeurs d’essence de contrebande aux abords des rues a failli mettre la cité historique d’Abomey en feu. Un distributeur indépendant, semi-grossiste, aurait décidé de casser le marché en faisant une réduction de 25 francs sur les prix pratiqués par les autres vendeurs réunis au sein d’une association dénommée AVEPA. Mécontents, ces derniers sont arrivés sur les lieux de vente du concurrent déloyal qu’ils ont mis à sac. En quelques minutes, 440 litres d’essence aurait été, selon la victime, renversés par terre par les responsables de l’Association des vendeurs, l’AVEPA.
L’affaire qui sera portée devant le commissariat de la ville jette davantage un doute sur le caractère dit informel de cette activité de vente d’essence qui participe à la décoration de toutes les villes du Bénin. Les personnes qui investissent dans ce gros business ne sont pas inconnus des pouvoirs publics. Beaucoup parmi eux sont des leaders charismatiques dans leurs localités respectives, des chefs politiques à différentes échelles, des maîtres de la charité qui suppléent le pouvoir central dans d’innombrables missions d’assistance sociale.
La bagarre d’Abomey nous dit que les vendeurs d’essence sont non seulement organisés en association mais aussi qu’ils régulent entre eux les prix de vente selon un mot d’ordre dont on peut connaître la source. Ils sont en cela des concurrents du gouvernement qui fixe régulièrement les prix des produits pétroliers mais ils ne manquent pas pour autant de renflouer les caisses de l’Etat eux aussi, par des taxes municipales et le pouvoir d’achat qu’ils exercent dans l’économie réelle. Ils sont capables de régler leurs différends devant leur propre tribunal commercial : celui de la rue. Enfin, ils sont tout à fait à l’aise pour se porter devant la force de l’état. Dès lors, le mot informel appliqué à ces bagarreurs du quotidien commercial, participe sinon de la mauvaise foi, du moins d’une pauvreté en concept et vocabulaire

ABASS

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