C’EST FOU, FAGBOHOUN KING SOLO DU PLATEAU

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«La Coq » a chanté. Il chantera 3 fois sous peu pour se rappeler à la mémoire des politiciens béninois de tous bords, devenus traitres avec lui pour raison de pitance. Séfou Fagbohoun, les nostalgiques d’une époque peuvent se rappeler son passé glorieux et de sa générosité politiquement correcte. Bien sûr, les politiciens errants ont toujours été présents à tous les grands moments de l’histoire politique de ce pays, prêts à faire le pèlerinage jusqu’à Adja-Ouèrè pour une réhabilitation économique et politique. C’était lui le Agbonnon 1er de la scène politique béninoise. Mais à l’homme de la météo politique sous Kérékou tout a périclité. Des mauvaises langues ont annoncé sa cavale suite à une affaire domaniale qui a mal tourné. S’il y voit la main du pouvoir de la rupture, après des années de tiraillement avec le régime précédent, c’est que la politique permet de masquer les mains noires et se faire bonne conscience.
Cependant, il n’y a pas deux Agbonnon dans un même bateau. La cohabitation entre Séfou Fagbohoun et le premier des Béninois ne peut tourner qu’en sa défaveur surtout que « la coq » n’a plus grand-chose dans le gésier. Mais la formule n’a jamais changé : Agbonnon une fois, Agbonnon pour toujours, même si cela doit se démontrer avec les poumons en feu. Car, avant beaucoup, il était capable de proposer un chèque de 1 milliard de francs comme cadeau contre quelques menus services. Le juge Akpomey en sait quelque chose. Avant beaucoup, il était capable de défier le pouvoir d’Etat et imposer ses propres règles au gouvernement. « Le » Moudjaïdou ex-Directeur du commerce intérieur et futur ministre en sait quelque chose. Avant beaucoup enfin, il était capable de prendre le contrôle d’une société publique, la basculer tout seul dans son patrimoine personnel au nez et à la barbe de tous. Avant beaucoup en effet, il était capable de tout. Mais la roue de l’histoire tourne, avec parfois des drames et des reconversions. Chacun vit ses déboires à sa manière. L’essentiel est de ne jamais abandonner…la politique.
Le retour de « la Coq » sur le terrain politique va laisser du grain à moudre à ses détracteurs qui se sont trouvé un nouveau maître. Le Plateau était indiscutablement son fief où même en prison, il se faisait élire député. Mais le temps n’a pas fait de ravage que sur le corps. Les neurones aussi se tassent et donnent des signes d’Alzheimer. Peu de militants se reconnaissent encore du Madep pour se voir redevable à l’homme qui finançait tout. Antoine Idji Kolawolé, ancien président de l’Assemblée nationale, grâce aux plumes de « la Coq », a déjà une conviction nouvelle. Il est progressiste et résolument bloqué derrière Agbonnon du moment. Il en est de même de plusieurs ténors du Mouvement Africain pour le Développement et le Progrès (Madep) de Kétou, de Pobè et de Sakété. Il ne peut même pas compter sur François Abiola, l’influent membre de son parti, qui, aux côtés de Boni Yayi a rêvé un temps d’un destin national. Il se dit qu’il ne pourra même pas compter politiquement sur certains membres de sa famille. D’accord, il avait acheté la Sonacop avec l’argent de la Sonacop. C’est du génie pour quelqu’un qui n’a pas croisé le chemin d’une école. Il est vrai qu’il a créé des sociétés qui se connectent très souvent aux réseaux de l’Etat c’est vrai, mais rompre le cou de « la coq » de cette façon n’est pas réglo. Mais c’est parfois cela, le destin d’une carrière politique par procuration. Séfou Fagbohoun qui devient king solo dans le Plateau, c’est l’histoire du loup dont la fin s’exprime sous la muse de Musset: « A voir ce que l’on fut sur terre et ce l’on y laisse, seul le silence est grand. Tout le reste est faiblesse ».

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