CIRCULATION A COTONOU : LE CODE – DEROUTE

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On ne va pas réinventer la roue. Mais la route, si ! Aucun dicton ne nous en empêche. Nous pouvons donc réinventer la route. Et le code de la route avec. Nous avons tout loisir à adapter aux envies qui nous prennent, nos axes routiers inadaptés.
Il fut un temps à Cotonou, le génie béninois a dicté aux responsables de la sécurité routière et des forces de l’ordre – menées par un certain contrôleur général que ses compatriotes avaient surnommé Jack Bauer, laborantin radioactif à ses heures perdues – que l’on peut transformer en pistes cyclables, les passages destinés au trafic local sur les voies ou segments de voie qui en disposent mais qui sont privés, à la conception comme à la construction, de couloirs dédiés aux engins à deux roues. Le résultat est magique : sur un même tronçon, un motard peut rouler un kilomètre de chaussée, 500 mètres de piste cyclable, regagner la chaussée puis retourner en piste cyclable au bout de 300 mètres. Dans une métropole qui compte plus de motos que de voitures, le spectacle est époustouflant aux heures de pointe. Un concert de klaxons enrhumés et de vrombissements qui se perdent dans de gros nuages de fumées brassées par des moteurs soûlées à l’essence kpayo. Ebranlés au départ, les usagers de la route ont dû s’en accommoder, vaille que vaille.
Mais depuis peu, un nouvel éclair de génie a touché qui vous imaginez et ils ont à nouveau investi les voies de la Capitale économique béninoise. Cette fois, c’est une affaire d’ à droite toute. Toutes les voitures serrent leur côté droit. Le gauche devrait servir au dépassement ou on ne sait trop. Tous les contrevenants s’exposent à la répression. Mais attention ! Cette fois encore, toutes les voies ne sont pas concernées. Comment savoir celles sur lesquelles le Code-déroute est en expérimentation ? Démerdez-vous !
Martin SENALIDE

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