JEU D’ECHEC DANS L’OPPOSITION : BASILE AHOSSI, LE FOU ET LE ROI

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Réussir avec aigreur est une tâche titanesque. Autrement, ils seraient déjà radieux d’exhiber l’union tant proclamée, les show-gars de l’opposition. Le bec est encore dans l’eau, apparemment, et le calumet de la paix pétarade encore. Sans parti pris bien sûr, il ressort de toute évidence que les envolées verbales des jours passés, émanations cancérigène d’amertumes et de manque de contrôle sur les événements présents intoxiquent les rabibochages. Dieu merci, Léon Basile Ahossi est bien là. Derrières ses foyers-loupes, il va pouvoir zoomer avec précision sur les différends et gommer les déformations conceptuelles conséquentes d’une rupture trop dure. Le défi, ils le perçoivent tous dans leur camp, est de parvenir à la création d’une liste unique de l’opposition. Mais quand des lots de parvenus s’ajoutent à des groupes de pète-sec, cela peut tourner à l’obsession pour ceux qui rêvent de grand rôle. La stature de Basile Ahossi se fragilise devant le statut de Yayi et de Soglo et devant l’ »arrogance » du pèze d’Ajavon. L’observateur lambda a raison, l’honorable est grand (de taille) mais et un détail qui compte car il faut avoir un centre de gravité assez bas pour maîtriser des personnages aussi clivants qui se réclament tous de l’opposition.
Il est incontestable que si Ahossi se fait représentatif à lui tout seul de l’opposition, c’est faute d’une alternative claire ailleurs. L’ancien membre influent du fameux G13, véritable casse-tête politique de Yayi, sent son jardin moins fleuri par ces temps de rupture : le terza rima politique ne rime plus avec la sérénité. Etant devenu gros enjeu économique, la course électorale se fait aussi au niveau des symboles. Or le terrain de l’opposition est bien dépeuplé en ce sens. Les anciens chefs d’Etat Soglo et Yayi vivant difficilement leur syndrome de l’aigreur post-Marina, rien n’empêche Ahossi de se frayer un poste de leader à la tête des brebis galeuses, dans une galère devenue trop insupportable. Se regarder en chiens de faïence, pour l’opposition, est une belle stratégie pour se casser la figure. Mais si Ahossi réussi, dans son individualisme méthodologique, à canaliser les divergences d’angles de tir vers le pouvoir, cela peut bien être pour lui une ouverture vers un succès qui se fait prier. Bien entendu, c’est au nom de la coalition pour la défense de la démocratie (CDD), le truc mort-né de Djeffa. « Ce qui nous unit en ces heures difficiles pour notre pays est certainement plus fort que tout le reste. Unis, nous sommes plus forts… », parole de l’évangile selon Saint Ahossi. Mais le transfuge du G13 qui se donne une virginité dans l’opposition béninoise a quelque chose de suspect. Au regard de son passé sulfureux, laisse trainer des doutes dans l’esprit de ceux qui pensent qu’une sagesse peut être financièrement motivée.
En réalité, la déprime exprimée plus ouvertement par les tenants du parti Restaurer l’Espoir est du sable jeté dans le gari de l’honorable Ahossi dont on dit qu’il a basculé du côté de l’opposition parce que Ajavon a réussi à trouver sa température de fusion. « Sébastien Ajavon est un renfort pour l’opposition » déclarait-il, il y a quelques mois déjà. On ne doute pas que l’homme des congelés, avant d’être un renfort pour toute l’opposition, est indiscutablement pour lui-même un renfort personnel. Ne serait-ce que physiquement… Il peut continuer le sermon sur la montagne car il ne sert à rien de perdurer dans la crise des nerfs alors que quelqu’un offre sans condition le nerf de la guerre. Cela s’apparente à un prêche dans un désert… de compétence mais d’appétence pour l’orgueil et la rancœur. Si le chœur de l’opposition chante l’unité par la bouche de Eric Houndété, dans l’impasse depuis qu’il a flopé avec Zinsou ; de Philippe Noudjènoumè, communiste endurci et jamais dans le sens du pouvoir ; et des autres fortes têtes de l’opposition, c’est bien conscient de l’échec qu’il y a au bout de leur situation actuelle. La partie d’échec est pour l’honorable Ahossi doit jouer avec des pions instables et très sensibles. Si jusque-là personne ne lui demande d’où lui vient sa légitimité.
RIM

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