CES OSCARS ET AUTRES PRIX QUI NE RAPPORTENT RIEN MAIS QUI VALENT DE L’OR

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Pendant la décennie achevée, la planète foot a vécu au rythme d’une impitoyable guerre des clans, notamment autour de l’attribution du ‘‘Ballon d’Or’’. Principaux camps en conflits (carrément), les Pro Messi (LM10) et les Pro Cristiano Ronaldo (CR7) ont régulièrement donné l’impression que la décerne de cette distinction individuelle à leur idole (plutôt qu’à un autre, surtout pas au rival) relevait d’une affaire de vie ou de mort. Cette obsession pour ce métal a fini par susciter la curiosité autour de ‘‘ce que ça rapporte d’être désigné Ballon d’Or’’. Toute enquête faite, le résultat tombe, et certains tomberont des nues : le Ballon d’or ne rapporte par de l’argent ! Que ce soit le Magazine France Football initiateur de ce prix ou la Fifa, aucune de ces institutions n’accompagne la remise du ‘‘Ballon d’or’’ par une ‘‘enveloppe’’ au gagnant. Tout au plus, ce sont les footballeurs eux-mêmes qui, au moment de signer leur contrat avec leur nouveau club, négocient une ‘‘prime spéciale’’ à remettre par le club à son joueur au cas où ce dernier remporte le Ballon d’Or.
Samedi dernier, le Bénin Royal Hôtel de Cotonou a abrité la cérémonie des Oscars de la mode béninoise. Comme le nom le laisse penser, l’événement permet, depuis quatre années maintenant, de décerner : l’Oscar du Top Model masculin de l’année, l’Oscar du Top Model Féminin de l’année, l’Oscar du meilleur Magazine de Mode de l’année, etc. Comme avec La palme d’Or (Festival de Cannes), comme avec l’étalon de Yennenga (Fespaco), le Prix Goncourt, le Disque d’Or, etc., ces distinctions ne rapportent pas souvent de l’argent. Ou, si cela rapporte une enveloppe comme c’est de plus en plus le cas, la valeur est et sera toujours insignifiante à la valeur que cette distinction confère à l’artiste qui la décroche. Un prix, au-delà d’une récompense tarifée, est d’abord une reconnaissance inestimable.
Il ne serait d’ailleurs pas superflu d’engager le débat pour savoir si l’introduction du numéraire pour accompagner les ‘‘Prix’’ ne sont pas de nature à encourager les jeux de coulisses et de pression sur le jury, et partant, à dévaloriser la distinction. En effet, à la réflexion, on vient rapidement à la conclusion qu’une distinction digne du nom suffit à elle-même pour rapporter à l’artiste les moyens de vivre de son art. Il suffit d’observer l’impact qu’un Prix littéraire ‘‘sérieux’’ (et perçu comme tel par le public) peut avoir sur les ventes de l’œuvre distinguée et partant, sur ses revenus. En somme, il faut louer la multiplication des événements qui, comme les OSCARS de la mode, visent à distinguer, promouvoir et valoriser de réels talents ; mais les initiateurs de telles activités ne devraient sous aucun prétexte perdre de vue que la crédibilité des trophées qu’ils décernent (et partant leur valeur) est fortement tributaire du sérieux qu’ils mettent dans le choix des personnes primées au bout du processus. Ce n’est qu’à ce prix qu’un simple morceau de verre taillé ( le trophée) est capable de métamorphoser celui qui le reçoit, de révolutionner son activité. Et lui permettre ainsi faisant de transformer positivement la société par son art.
L.S

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