LEGISLATIVES 2019 : FOO JO ENRAYE LE PASSEMENT DE JAMBES DE L’OPPOSITION

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On imagine qu’il ne pouvait pas feindre de n’avoir eu vent de leur demande d’audience, ni leur mettre un vent quand ils se sont pointés aux portes de son bureau, ni les foutre dehors une fois qu’ils sont entrés dedans. Foo Jo de la Cour a dû trouver le temps particulièrement long, en recevant la semaine dernière une délégation de ce qu’il reste d’opposition politique au Bénin. Mais il a dû gérer même s’il n’a pas digéré. Il se doutait bien que l’objet de l’audience serait d’un fort inconfort : le Code électoral. Peut-être, avait-il prié Lucifer que ses hôtes crevassent en chemin. Il faudrait dans ce cas croire que ce fut Lucifer, le chef de la délégation des opposants. Ils n’étaient pas passés voir Foo Jo pour une causerie bon enfant autour d’un pot de miel. Ils avaient débarqué dans ses quartiers avec une grosse pilule amère et un suppositoire géant sur lequel ils auraient voulu l’asseoir. C’était leur traitement anti-ruse. Mais Foo Jo, pas né de la dernière pilule, ne s’est pas laissé déglinguer. Leur préoccupation était qu’il leur donne son interprétation de certaines dispositions du code électoral – parmi lesquelles le fameux article 242 relatif à l’attribution des sièges – jugées tortueuses pour des méninges ordinaires, les siennes de surdoué tournant haut dessus la moyenne. Son ciboulot vaut à lui tout seul, une chaîne de laboratoires. Croyez-en ses disciples.

Plutôt qu’entreprendre, par stratagèmes, de lui ouvrir l’esprit pour y sonder leur avenir proche, ils auraient pu aller droit au bout : « Dis-nous à quel feu tu comptes nous cuire et nous en déduirons si tout espoir est mort ». La réponse de Foo Jo qu’il ne leur a pas servie mais qui tient de la même teneur que sa réaction face aux opposants le jour-là : « Qui vit d’espoir, ne meurt pas de chagrin ».

Ce n’est pas cuit mais c’est au feu.
Martin SENALIDE

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