Rictus et Cogitus: LA JANVIOSE DES POCHES ET DES CABOCHES

63

Ah la janviose ! Maladie de janvier caractérisée par une pauvreté circonstancielle de temps. Trous béants dans les poches, humeur maussade, hypertension à l’évocation de toute idée de Cfa. Nous voilà enfin guéris. Et déjà que des annonces de cœurs rouges pointent à l’horizon. Oh là là, Saint Valentin ! nouvelle source d’arnaque. Qu’est-ce que les mâles ont fait de mal au Bon Dieu pour avoir tant de mal ? De sa plume irrévérencieuse, Colince Yan nous crève le cœur en nous mettant face à notre responsabilité d’hommes, esclaves de la galanterie et autres arnaques des temps modernes.
Arnaque aussi, celle d’ICC Services où les victimes des sévices reprennent leurs témoignages ce jour. Après la valse des sachants, témoins et accusés, ce sont les spoliés qui essaient de prouver leur bonne foi en doigtant presque à l’unanimité le costume bleu ciel de Boni Yayi comme l’appât de la supercherie.
Yayi par contre, s’arrondit le dos, non pas pour accueillir la misère des abonnés au gain facile qui l’accusent, mais pour porter une opposition qui peine à s’unir et briser l’anathème de la dislocation. Tandis que les rumeurs circulent sur un certain désir d’hégémonie des FCBE sur le camp anti-Talon, et que des voix s’élèvent pour dire que l’opposition est toujours unie, l’ex homme fort de la Marina se contente de faire quelques marchés et de profiter de la foule pour pourfendre copieusement le code électoral qu’il avoue ne pas comprendre. Déjà que le quitus fiscal ne garantit pas la participation de tous les prétendants aux fauteuils du palais des gouverneurs, tout ceci se dessine comme un beau petit désordre dans les starting blocks.
A l’allure où les choses vont, ou ne vont pas, l’Assemblée nationale risque d’être le Palais des Gouverneurs absents, et l’on sera contraint de lancer un SOS candidats afin d’avoir des personnes pour qui voter le 28 avril. Il faudra alors proposer un avenant au code électoral afin de deux à trois sièges à chaque député, faute de concurrence.
Qui dit siège pense forcément à Azanaï qui a rassuré le peuple que la mouvance aura résolument zéro voix car en sa qualité de roi de la fraude, il ne sera plus disponible pour fournir les billes, brouiller les cartes et désigner le vainqueur.
La question est : « Est-il déjà sûr de voter pour lui-même » ?
Sur les réseaux sociaux, le clivage est net. On sent monter la fronde et se profiler l’ombre d’un vote sanction, tandis qu’en face l’assurance de la victoire est de nature à embrouiller toute forme de prévision.
Pour l’instant, nous en sommes aux inimitiés primaires, c’est-à-dire aux tirs croisés en vue de positionnements à l’intérieur des clans. Notre prière est qu’il y ait au moins des survivants dans les différents blocs pour nous permettre de faire valoir notre droit de vote.
Ce qui est sûr, c’est que la démocratie, qui consiste ici à voter par amitié, par région et jamais sans la moindre conviction, est toujours fidèle à elle-même. Et on dit que ce pays n’est pas génial !
H. Dakpogan

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.