BIC EN L’AIR … ! HOMEKYSME

104

Le Bénin est une terre de sentimentalistes et d’émotifs. Nous prenons les choses à cœur, tellement les émotions sont béninoises et grandioses quand il s’agit de faire la preuve du degré de sensibilité qui nous anime. Pour preuve: France. Attentat. Charly Hebdo. Et le grand frère foo YAYI sortit le grand jeu. Des pleurs en direct, face aux caméras du monde ; de vraies pleurs, sincères et émanant du visage d’un chef d’Etat africain qui ne simulait pas, mais dont la mine déformée et renforcée par les rides d’un vieillissement légitime, ne faisait point plaisir à voir. Il y avait quelque chose de pas très normal dans une attitude qui devrait être quand même considérée comme justifiée, puisque les casse-couilles de Charly Hebdo furent frappés par une tuerie juste parcequ’ils adorent faire rire. Le déchainé du jeudi touche du bois. Nous autres, les nougbehin de la République, on fera rire jusqu’à fendre la mâchoire.

Donc papa bonheur YAYI nous avait offert ce spectacle grandiose et chacun y était allé de ses commentaires. Des plus désobligeants aux plus sincères. Le temps a coulé. On a perdu de vue le pleureur de la République dans son one man show et dans ce qu’il sait faire le mieux. Et brusquement, tout à coup, soudain et dans le déchainement des événements suite à une mémorable erreur de communication d’un super ministre, nous apprîmes dans un génial article de presse de la toile que le Ministre Oswald Homeky est devenu un sacré pleureur. Il y a yayisme dans l’air et quand on prend un peu de temps pour lire l’article, on est courbé de rire à la fin, tellement la gymnastique orchestrée pour rattraper la bourde de communication du Ministre, est grotesque et à mourir de rire.

En mode sapeur pompier pour éteindre un feu qui a embrasé le pays suite à une transcription des propos du Ministre où on pouvait aisément lire un exercice de narcissisme à la Donald TRUMP, les confrères de la plume ont essayé de limiter les dégâts en rapportant les mots d’excuses du premier transcripteur qui selon lui, fut surpris de voir glisser dans son précédent article, des erreurs de transcription. Oui, vous souriez, lentement et sous cape, car comme le dit souvent Dah Hwawé, éloo huidi. Oui, c’est trop pointu et ça va finit par crever l’œil.

Il y a des ses erreurs de communication qu’il ne faut pas chercher à corriger. Il faut laisser le temps éliminer l’émoi au risque d’attirer l’attention des lecteurs à vouloir trop soigner ce qui était lancé comme une bourde. La cellule de communication du Ministre l’a oublié et en voulant revenir sur des propos qu’on peut mettre simplement sur des erreurs de jeunesse, ils ont appelé l’attention sur la très forte sensibilité du Ministre qui a failli couler des larmes, aux dire des indiscrétions.

La cerise sur le gâteau fut donc ce rectificatif sur publication censé apaiser les esprits et laver définitivement l’honneur du Ministre. Il faut être un sacré acrobate pour réussir l’exercice qu’ils ont offert en mettant sous le coup de la langue locale Adja, les plaies d’Egypte. Car le coupable fut désigné : la transcription du Adja vers le Français. Cette expression à elle seule vaut toute une thèse. Entre la langue locale Adja et le Français, il y aurait donc des subtilités ou des gbéssa d’envoutement pour que des propos complètement différents de ce que le Ministre a dit, apparaissent, gban, comme par magie. Il faut investiguer, faire appel à Hercule Poirot, le mythique détective de Agatha Christie, pour élucider cet imbroglio qui n’a d’imbroglio que la volonté des sapeurs pompiers d’éteindre un feu qu’ils ont eux- mêmes allumé dans le style de la chanson de Don Metock.

En attendant, retenons que les vrais propos ont été restitués et n’ont plus rien à voir avec les premiers propos de narcissisme du Ministre qui a retrouvé, selon les rectificateurs, le don de pleureur de la République.
J.H.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.