DE LA CULTURE A LA POLITIQUE : DE LA SCENE A L’OBSCENE ?

111

La société…si vile s’est vidée de ses serviles. Pour la société civile, ils sont inscrits aux abonnés absents. Tous, ou presque, ont donné leur langue au champ. Tous, ou presque, happés par la politiques. Et cette option ne manquera pas dans le camp des acteurs culturels. Ces derniers ont pour eux le refrain « Qu’est-ce qu’on a jamais vu ? » S’il vient à Angélique Kidjo l’idée de se lancer en politique, elle pourra toujours rappeler à ses potentiels détracteurs le cas du chanteur Michel Martelly, devenu président à Haïti. Le cas Djimon Houssou, si cela se produisait, ne manquera pas de rappeler le parcours d’un certain Arnold Schwarzenegger ou, exemple le plus emblématique de tous, celui de Ronald Reagan.

En attendant, Ignace Don Metok ne cherche pas de prétextes ; il se rêve sans doute déjà d’une trajectoire à la Youssour N’Dour, icône de la musique sénégalaise passer par la case ‘‘ministre de la culture’’ avant de retourner à sa passion. Si ‘‘Atilito’’ a déjà changé le camp et fait sa mue, d’autres, dans l’ombre, réfléchissent sérieusement à la manière de transformer les ‘‘J’AIME’’ récoltés sur Facebook en suffrages favorables, à l’issue de prochaines élections. Il ne faudra donc pas se surprendre de voir sur les listes de candidats les noms de quelques célèbres inconnus au sein de l’opinion publique. Des ambitions sommes toute légitimes que quiconque aurait tort de railler très tôt, tant le quitus fiscal tue les ambitions et décime les carrières politiques. La nature ayant horreur du vide ainsi créé, quelques opportunistes pourraient fort opportunément bénéficier de ce providentiel concours de circonstance. Mais encore devraient-ils savoir choisir pour ne pas se retrouver bloquer par le choix du mauvais bloc.

Et même quand le bon choix aura été opéré, il faudra sur le plan personnel opérer une réelle transformation afin de devenir un véritable animal politique. Les secteurs de la culture et singulièrement les milieux du showbiz sont remplis d’enfants de chœur ; certes, ils ne sont pas tous des enfants de cœur ; mais toute comparaison entre les coups bas entre acteurs culturels et les coups bas entre acteurs politiques équivaudrait presque à comparer la scène et l’obscène. Les acteurs culturels, en général, sont des experts en ‘‘Taper dans le dos’’. Mais s’ils veulent tenter l’aventure, ils doivent au préalable apprendre à ‘‘poignarder dans le dos’’. Et surtout, apprendre à encaisser, à recevoir des coups au-delà de simples petites caresses en dessous de la ceinture.

Que ceux qui ont choisi de desserrer la ceinture pour aller quêter la paix du ventre en politique ne s’imaginent pas qu’ils seront reçus comme des artistes sur scène. L’Honorable Epiphane Quénum et autres collègues ont souvent joué les hommes-orchestres au Parlement ; l’hémicycle a parfois bouillonné jusqu’à ressembler au climat d’un lieu de spectacle ; mais tout cela n’était en aucun cas une invitation adressée aux hommes de spectacle à venir faire le show dans la maison des élus du peuple. Que cela soit dit : les acteurs culturels ont le droit de se lancer en politique. Que ceci soit entendu : ils n’y seront pour autant pas accueillis à bras ouverts ! A bon entendeur… Salut les artistes !
Le Sorbonnard

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.