DES CARTES D’ELECTEUR POUR DES ELECTEURS A LA CARTE

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L’ambiance d’incertitude dans le camp des candidats gagne aussi le système qui doit se mettre en branle pour la conduite du processus électoral. Les hommes en charge des activités sont sur leur garde. Il y a de fortes chances que les magouilles qui vont entourer les prochaines législatives finissent devant la CRIET. Ceux qui ont l’habitude de faire fortune dans les élections savent désormais que c’est la diète. Mais ce n’est pas pour autant que les députés seront nommés, comme c’est le cas dans ls facultés et écoles des universités du pays. Que les chauds partisans de la mouvance n’y comptent pas : ils iront faire la preuve de leur popularité et de leur honnêteté. Le glas a sonné pour une carrière politique d’enrichissement. Du moins c’est qu’on laisse croire, car cela dépend des chaines et des liens. Il y a encore quelques poches de politicailleries rentables dans le pays. Le temps est à la quête des électeurs. Les politiciens orgueilleux sillonnent les contrées du pays à chanter la même bêtise qui a toujours enfoncé le pays dans les pétrins. Alternativement ils vont sur le terrain embrouiller les cartes avec des partis aux logiques diamétralement opposées mais qui soutiennent la même mouvance. Les progressistes et les républicains qui portent le même pouvoir est une bien belle bêtise. Dans ce vaudeville qui se joue avec des amateurs le scénario, même écrit d’avance, est mal exécuté. Mais la tragédie se joue au tragicomique lorsqu’on se rend compte que l’embrouillamini n’est pas que identitaire, il est aussi institutionnel avec la confusion des genres sur les responsabilités à prendre. Tout le monde distribue de cartes de membre, dont certaines avec des numéros de carte RAVIP. Ceux qui sont embarqués dans l’aventure et avalent toutes les couleuvres doivent avoir le ventre solide car cela peut tourner à un haut-le-cœur. De la LEPI au RAVIP, il y a des éclaircissements à donner.
La circulation sur les réseaux sociaux de cartes de membre des partis avec numéro de carte RAVIP a soulevé des tollés, peu de personnes ayant vu dans la réalité à quoi pouvaient ressembler ces cartes. Les sous-entendus sont nombreux et il est redouté ; comme à chaque élection les grandes manœuvres. Il se fait que c’est finalement la carte LEPI qui doit jouer ce rôle crucial. Alors des questionnements se multiplient sur l’utilité des numéros de cartes répandus sur la toile. Visiblement, les outils pour réussir l’élection se complexifient, de sorte que la dimension pratique de son déroulement donne quelques insomnies. Si le bras de fer ne se transforme pas en un bras d’honneur, il est à espérer que les braves candidats à cette élection soient suffisamment outillés pour disposer des deux cartes. C’est comme au bonneteau, soit c’est le rouge qui gagne, soit c’est le noir. Le diable se trouve dans les détails et dans la présente organisation, des électeurs à la carte se pressent pour jouer leur partition.
Toute cette confusion est la faute à Holo Le RAVIP a des détracteurs certes, mais il a connu un succès sans pareil. Les fils pour enregistrement étaient interminables et les agents recenseurs ont dû boucler leur mission sans avoir fini d’enregistrer tout le monde. C’est la preuve que le RAVIP avait son avenir au Bénin. Et puis la carte qui en résulte est une merveille. Elle a la magie de se transposer dans la réalité des électeurs avant même d’exister. C’est la carte magique pour une élection clean. Elle pouvait permettre de plier le jeu électoral très vite et on n’en parle plus. Mais voilà, les institutions sèment la confusion. En décrétant la LEPI seule liste applicable pour les législatives, Théodore Holo est un fauteur de trouble. Il a créé un tsunami qui fait des vagues. Les conséquences sont multiples car face à la dureté de la rupture, surtout des impôts avec l’obligation faite pour la carte IFU, peu de Béninois ont conservé leur carte LEPI, celle par qui le malheur est arrivé. Les communiqués et autres sensibilisations sur les murs des bâtiments publics aux fins de bénéficier de duplicata sont juste une formalité administrative.
Mais il y aura bien les élections législatives le 28 avril, avec des électeurs avec des électeurs munis de cartes d’électeur. Mais elles seront censitaires : les électeurs de catégorie A seront avec des cartes high-tech griffées RAVIP et ceux de catégorie B garderont leur bonne vielle carte LEPI. Ceux qui n’ont ni l’une ni l’autre peuvent se présenter avec leur carte IFU, on ne sait jamais.

RIM

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