TALON VS AJAVON : LA GUERRE DU FISC DANS L’OMBRE

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Pour gagner la présidentielle de 2016, Patrice Talon a brillé par une campagne d’une sobriété et d’une discrétion inédites. Si la normo-communication agitée par ses commis à la tâche perpétue cette tactique d’attaque à pas feutrés, il reste cependant que, certaines fois, des réponses cinglantes relevant du tac au tac tapageur apparaissent au grand jour. C’est le cas d’une campagne en cours qui annonce et célèbre le fait que les sociétés du président font partie des meilleurs contributeurs au fisc de l’année 2018. L’annonce a été faite dans le cadre de la célébration de la première édition de la journée nationale du contribuable. La direction générale des impôts indiqua, le 31 janvier 2018, une liste de gros contributeurs au nombre desquels figurent les sociétés Atral et Sodeco toutes deux appartenant ou ayant appartenu au Chef de l’Etat. Depuis, la discrétion légendaire du magnat du coton a cédé place au roulement des tambours. Tout le monde a bien compris que cette agitation subite est une réponse à Sébastien Ajavon qui, chaque année, depuis des lustres, clame sa position de premier contributeur aux impôts du pays. D’abord reléguée à la 26ème place dans un précédent rapport de la direction générale des impôts, la société Cajaf Common SA du roi des poulets congelés est désormais perdue dans les abîmes statistiques.

La guerre du fisc est une guerre électoraliste en théorie gagnée par les partisans de Talon. Pour dégonfler Ajavon, ils se préoccupent peu de la normo-communication et de l’éthique qui aurait voulu éviter au président de se voir reprocher un abus de position dominante, de concurrence déloyale, de collusion voire de délit d’initié. De toutes les façons, quand on est puissant, à la tête d’un pouvoir qui tient tous les autres pouvoirs en respect, ce genre d’alignement de mots accusateurs n’agace pas. Il fait rire.

ABASS

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