ARTICLE 242 DU CODE ELECTORAL : LE «BATARD» DES DEPITES.

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… «Seules les listes ayant recueilli, au moins 10% des suffrages valablement exprimés au plan national, se voient attribuer des sièges, sans que le nombre de listes éligibles, ne soit inférieur à quatre (04). Toutefois, si le nombre de listes en compétition est inférieur à quatre (04), toutes les listes sont éligibles à l’attribution des sièges.»
Alinéa 2 de l’ Art 242 du nouveau Code électoral du Bénin.

Qui est l’ auteur de cette grossesse rédactionnelle?

Silence dans l’ hémicycle.  C’ est le genre d’ acte dont on ne retrouve guère ceux qui se sont amusés à  entuber les textes dans le noir parfait de l’ Assemblée  des parlementaires. Personne ne veut revendiquer sa fierté d’avoir contribué à la naissance de ce beau bébé imbroglio de texte législatif. Né avec les dents de la brouille.

Les interpellés disent en chuchotant que la belle mouture qui leur avait été  présentée à  la hussarde, portait déjà un embryon. Le reste n’était que masturbation intellectuelle de circonstances.

Toujours est-il qu’ il est bien là  le nouveau né dont il faudra assumer  d’éventuelles mauvaises tenues.

Déjà  que le voisinage s’inquiète de ces expressions inintelligibles.

Le jeune fringant juriste et postulant à la députation, ‘’ Sucré- Salé» s’en plaint ouvertement. NDSS qui a porté une attention aux formulations de ce nouveau bébé code y décèle des tares à créer la zizanie. Il s’en est donc ouvert à la Cour Constitutionnelle pour prévenir de prévisibles dérapages.

Car comment fait-on dans ces circonstances pour décider à  qui revient la pension alimentaire et la garde de l’ enfant quand, aux élections venues, la mère des consignes est absente ?

Et voilà que les élections pointent aux horizons.

Pour ces moments de fortes occupations et agitations, il faudra à  l’avance dire comment et qui prend soin de cet enfant aux turbulences suspectées.

Au premier regard des dispositions du fameux art 242, le bénéfice  de la garde reviendrait  à  tout postulant à l’ adoption qui réunirait les critères de bonne moralité et de bravoure chers à la circonscription concernée.  Mais il faut fait partie de l’ une des quatre  grandes familles ayant pignon sur rue dans la grande capitale et possédant une belle bâtisse d’ au moins 10 pièces.  Et si, par un très probable hasard, il ne s’ en trouvait pas un des grandes familles au droit de préemption, on en choisirait à pile ou face dans l’assistance à  bras levés. Pourquoi faire simple quand on peut exceller dans la complication.

Ainsi dans un village où  les pauvres gens se connaissent très bien et reconnaissent les valeureux citoyens capables de prendre soin des leurs, il arrivera incidemment à  cause de l’interprétation de ce texte qu’ un paltoquet aux mœurs dissolues soit désigné en lieu et place de méritants reconnus.

Et suprême coup  de dépossession, ce ne sera même  pas au chef de village, à  la connaissance avérée, que reviendrait la possibilité de corriger quelque méprise d’attribution.  C’est à la Compagnie des Castes nichée à l’ abri des regards de choisir parmi ceux qui portent un nom.

On comprend dès  lors qu’ aucun tripatouilleur de texte n’ ose revendiquer la paternité de ce art 242 dont les embrouilles sont redoutées.

Quelques clubs d’adoptions en sont préoccupés également. Dans la famille du Maître de cérémonie du ‘’Poisson éclairé à la bougie’’, on y voit aussi flou. Alors, par délégation, ils sont allés quêter un peu plus de lumière auprès du grand Maître des sages. Lui qui  est précédé d’ une suspicion de détenir le secret des rencontres ayant enfanté ce fameux Code électoral dont l’ art 242 fait des remous.

Mais le sage  ‘’Jo la Tambouille’’ n’ est pas né de la dernière  pluie quand il faut se défiler. Docte, il s’ est contenté de promettre une étude appropriée de la Cour dont il est Président  quand un contentieux leur sera soumis.

Ceux qui y voient une réponse rusée ont aussi perçu la rage de tous ces aspirants députés qui se cognent la tête sur un Code à la lecture verrouillée.

Assurément , ce code ‘’bâtard’’ dont personne n’ose réclamer la paternité fera beaucoup de dépités.

Ted Lapirus

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