BIC EN L’AIR … ! DISTRIBUTEUR AUTOMATIQUE DE NEVROSE

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Lors d’une alternance de pouvoir, les nouveaux maîtres inspirent souvent la crainte, la psychose et une forme de respect qui tient beaucoup plus de la douleur de l’échec du camp adverse que d’une volonté de servir le nouveau tenancier du pouvoir. Au Bénin, on a observé cette peur, ce silence et un stoïcisme au lendemain de la prise de pouvoir par les rupturiens. Il faut signaler que les FCBE ne l’ont pas vu venir, ce pieu épineux qui les a défoncés en arrachant le pouvoir comme par magie. C’était une affaire de APRES NOUS C’EST NOUS et contre toute attente, ils furent battus dans leur propre jeu. Et juste après, ce fut le silence. Le silence plat, l’attitude attentiste de comment tout ceci finira ; en mode ALO DOGBA.
Pendant longtemps donc, tout le monde a observé les nouveaux dirigeants. Les uns attendant les réformes. Les autres par peur des règlements de compte pour avoir mal géré et torpillé l’économie du pays pendant des années. On craignait les nouveaux maîtres et au bout de deux ans, voire moins, le masque tomba. Le Agbonnon, pour avoir entrepris mille chasses à l’homme ne fait plus peur. Les langues se délient et la critique est acerbe contre celui dont la politique zéro SOCIAL n’agrée plus. Les plus téméraires restent au pays pour vociférer. Les plus rusés, prennent la tangente et s’autoproclament exilés politiques. Et c’est dans ce fabuleux lot qu’on découvrit un Craka nouvelle génération qui a brillé par son absence dans l’exil où on espérait le trouver.
Il aurait pris la clé des champs, qu’on justifierait son acte de légitime, tellement la guerre qui l’opposait à foo Agbonnon est immense. Mais au moment où ses fidèles, gestionnaires de la chose publique ont choisi l’exil, il a opté quant à lui pour une stratégie qui défie toute traque. Spécialiste de la maitrise de la psychologie du Béninois, il joue depuis un certain temps sur la corde sensible et ça marche. Ça marche tellement qu’il se sent revivre. Car il faut reconnaître que Foo Yabo, papa bonheur adorait les bains de foule. Il aimait le contact. C’était le Président qui n’avait rien à vous donner, mais qui était capable de s’asseoir avec vous devant l’étalage de ATA TEVI, paré de sa veste bleue mécanicien, et manger avec vous devant les caméras du monde. David Beckam, lui ne fait pas ça.
Avec la tolérance zéro contre l’impunité, papa Yabo reste le seul ennemi impossible à abattre. Surfant su la fronde sociale et l’impopularité record de foo Agbonnon, il donne de l’insomnie au pouvoir en place en multipliant les gestes de provocation. Jouissant d’une popularité retrouvée, il distille dans les arènes de la mouvance, des phéromones de colère comme pour dire : VOUS ALLEZ EN SOUFFRIR, MAIS VOUS NE POUVEZ RIEN. De l’autre coté, aucune stratégie de son arrestation n’est plausible. Il représente l’homme recherché le plus heureux sur le sol béninois et sa cote de popularité bat tous les records. Deuxième Président de la République autoproclamé dans le subconscient, il exerce sa mission de prise de température de la population et n’arrache que des ovations.
Naguère spécialiste de la mauvaise communication, il semble avoir subir des cours d’expression orale. Plus d’écarts de langage. Plus d’injures ou offenses. Mais des attitudes et des postures à faire pâlir de névrose le pouvoir en place qui a perdu définitivement toute mainmise sur un Boni Yayi qui a le vent en poupe. La dernière en date fut ce jogging à travers la ville où drainant derrière lui ses fans sportifs, il s’étirait et chauffait ses muscles en vue de la préparation des joutes électorales. Il ne l’a jamais dit, mais on pouvait aisément remarquer qu’il se prépare pour la bataille et comptait passer le message. Incontestablement, le personnage reste atypique et qu’on le veuille ou pas, il monopolise l’actualité politique béninoise, distribue de la dépression à ses opposants, de la joie à ses fans et de la névrose à ses ennemis. Comme un médecin, il vient avec un diagnostic et un traitement de choc qui produit instantanément effet. Le peuple en a pour combattre la morosité, les autres n’y voient que du feu. A quand sa dernière trouvaille ? Voila la demande secrète de la population qui en redemande. Pendant ce temps, ca grince chez David Beckam.
J.H.

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