Impoli-tics du Jeudi 14 Février

91

Usein Yayi Bolt

Yayi le baratineur des femmes bénéficiaires de microcrédits avec son inimitable « vous êtes bêêê…», on connaît ça. Yayi le croque mort, dispensateur de condoléances à diverses obsèques où il est plus ou moins invité, on connaissait ça aussi. Yayi, le pleureur de Charlie Hebdo, c’est notre gars. «Yayi la pommade», on a vu ça avec le président sénégalais Macky Sall (contraire de propre ?). Yayi les larmes photogéniques, on l’a vu au congrès constitutif de l’USL à Djeffa. Eh bien, il faut désormais ajouter à ce curriculum vitae déjà long comme un bras, Yayi le coureur …de fond ( pas de lapsus malheureux svp!). Personne en effet ne dira avoir raté les images des longues enjambées de Yayi samedi dernier sur l’esplanade du stade Général Mathieu Kerekou. Pour les jaloux qui voulaient le conjuguer au passé simple, le vieux môgô est allé donner la preuve qu’il en a encore dans les jambes. Et les Béninois qui ne brillent que dans les sports individuels ont salué fort bruyamment comme cela se doit, la naissance de ce nouveau Usein Bolt Béninois. On espère que le ministre Homeky qui reçoit à tour de bras dans son cabinet tous les sportifs béninois, ne fera pas de discrimination et que très bientôt le sprinter béninois Yayi recevra son invitation pour une séance de photo dans son bureau.
Aristide G.

Loto Gang

Quelqu’un qui doit être particulièrement agacé par les grandes enjambées du sprinter Usein Yayi Bolt, c’est notre infalsifiable Zogang, Gaston Zossou, ci-devant Directeur général de la loterie nationale du Bénin, leader absolu de son «Anfani» de peu glorieuse mémoire que certains porto-noviens sans fair-play rebaptisèrent « Han fan mi ». Et on gardera longtemps en mémoire cette brillante mise en garde qu’il adresse à Yayi le coureur : «J’ai vu le scénario grossier, quoique lourdement financé, du retour du roi de la bouffonnerie. Vous n’avez rien pu faire étant debout, et c’est maintenant que le sort vous a jeté à terre que vous rêvez de triomphe. Ne voyez-vous pas que votre rêve est assaisonné d’un peu d’insanité?
Nous n’avons rien oublié de vos crimes».
C’est le genre de fulgurante repartie qui clôt tout débat. Sauf que venant de Zogang, on se dit quand-même que pour quelqu’un qui passe de la craie au champ d’ananas, du champ d’ananas à un poste ministériel, du poste ministériel à un repos systolique avant de rebondir sur les gros lots de la loterie nationale, il a le parcours en dents de scie nécessaire pour comprendre que tout est possible dans cet incroyable Bénin où tout pétrole du village peut se retrouver kérosène du jour au lendemain.
A. G.

L’Alpha et l’Omerta

Mathurin Nago est dorénavant un retraité politique. Et se souvient de la façon particulière dont il avait présenté la chose à ses électeurs de Bopa. Il s’était ouvertement réjoui de ne plus devoir distraire de sa cagnotte familiale, de quoi financer les nombreuses tables de belote, les trophées de football plus ou moins conventionnels, les enterrements qui n’en finissent pas, les groupements de femmes aux appétits voraces. Ainsi présenté, l’idée de retraite politique de Nago a dû faire des émules, notamment Kolawolé Idji qui devra désormais aussi économiser l’argent qu’il envoyait dans les couvents Oro du Plateau. Et on annonce d’autres futurs retraités dans le pipeline, en l’occurrence le dinosaure Bruno Amoussou. Le point commun entre ces trois est qu’ils ont été tous présidents de l’Assemblée nationale. C’est donc sans doute pour éviter l’amalgame, que certaines voix ces derniers jours commencent par citer l’Agrégé Gbadamassi sur la liste. Le silence épais dans lequel s’est réfugié le professeur en politiciennerie, Gbada, depuis plusieurs semaines, nourrit bien des supputations en effet. Mais dans la huitième circonscription électorale où les listes de la mouvance devront vraisemblablement affronter le sprinter Yayi himself, il y a plusieurs façons d’envoyer Gbada à la retraite. La première est de faire de l’anachronisme procédural en ne l’alignant pas du tout. La seconde est de faire du favoritisme corporatiste en l’alignant, mais en …troisième position sur la liste. Et dans les deux cas, il n’hésitera pas à briser la loi de l’omerta qu’il respecte si bien jusqu’à là.
A. G.

Homeky et les Homéchants

Les temps sont durs pour le jeune ministre Homeky de la culture, des sports et des loisirs. Après avoir failli pleurer ( selon un post abondamment diffusé sur la toile) pour une affaire de vrai faux ou de faux vrai ego trip dans lequel il se serait pris pour le nabab de la culture et des sports depuis 1960, on retrouve son nom dans une histoire de célébration du premier milliard en compte. On n’est pas obligé de prendre ces attaques au sérieux, et il est d’ailleurs peu probable que l’affaire de célébration de milliard soit vraie. Mais Homeky n’en serait pas pour autant à plaindre. Il fait ses classes. Et quand il obtiendra son attestation, aucun de ses nerfs ne sera plus réactif pour transmettre les influx quand des coups plus violents pleuvront sur lui. Ainsi va le pays. A force de martyriser ses leaders ou futurs leaders , le Béninois finit par les rendre insensibles. Avec les conséquences parfois dramatiques qui en découlent. En tout cas, le jeune Homeky, pour le moment, a trouvé Homéchants à ses pieds.
A. G.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.