« ORAISONS POUR UN VIVANT » : POUR RESSUSCITER LE LECTEUR MORT EN NOUS

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Ceci va friser l’acharnement. Parce que nous l’avons déjà dit : il faut s’acharner sur le lecteur si on veut vraiment le réconcilier avec le livre. Dans la chaîne du livre, le lecteur continue en effet d’être le principal maillon manquant. Il est vrai que l’on trouve parfois des contenus qui vous guérissent de l’amour de la lecture, mais en règle générale, les écrivains s’échinent pour produire des œuvres comestibles. Il est vrai que les éditeurs, les vrais, ceux qui éditent plus à compte d’éditeur qu’à compte d’auteur, ne courent pas les rues, mais en règle générale, ils se battent comme ils peuvent pour rendre disponibles des livres présentables. Il est vrai que les libraires finissent par accepter d’exposer les livres produits localement dans leurs précieux rayons, mais en règle générale, les commissions qu’ils se tapent donnent à réfléchir. Il est vrai que les initiatives autour du livre ne manquent pas, qu’elles soient privées ou publiques. Chacun fait le boulot à son niveau, avec ses moyens. Et quand vient le jour du lancement d’un livre, ou une foire du livre, ou des initiatives similaires, c’est à ces moments qu’on doit voir le lecteur ; c’est à ces moments que le lecteur s’inscrit aux abonnés absents.
Pourtant, qu’est-ce qui n’a pas été essayé ?! Tenez ! Le 23 février prochain, une plume connue et reconnue, Jérôme Tossavi, lancera à l’Institut français (Ex Ccf) son roman, ‘‘Oraisons pour un vivant’’. Le titre à lui seul fait saliver. Des personnes avisées et autres prescripteurs qui ont eu accès aux bonnes feuilles en disent énormément du bien. La campagne de communication, notamment la campagne digitale autour de ce lancement, est un modèle du genre : belle, attrayante, innovante, captivante. Et on se surprend à se demander si, une fois encore, ici aussi, on aura droit, le jour du lancement, à la présence de journalistes, frères, amis et collègues de l’auteur, et point final.
Nous ferons le déplacement, par curiosité, juste pour voir si le public (des gens qui ne connaissent pas forcément l’auteur et sont présents surtout par amour pour la lecture), un public averti, un public de lecteurs, sera aussi de la partie. Si le lecteur est au rendez-vous, en nombre, imaginez déjà la beauté du tableau…
L.S

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