WADE COMME SOGLO : LES PAPYS FONT DE LA RESISTANCE

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Leurs bouches sont deux canons à boulets rouges et leur capacité de nuisance reste non négligeable. L’un est nonagénaire et l’autre, octogénaire. Sept ans les séparent en âge. C’est à tous points de vue, le seul point qu’ils n’ont pas en commun. Sinon tant d’éléments relient Abdoulaye Wade au Sénégal à Nicéphore Soglo au Bénin. Ils ont été, tous les deux, Président de la République et ont échoué dans toutes leurs tentatives de faire leurs fils héritiers, Chefs d’Etat assis à leur place. Des fils à papa contraints de gré à vivre en exil pour fuir ce qu’en chœur avec leurs proches et paternels, ils qualifient de persécutions politiques.
Wade et Soglo ont aussi, en partage, la rancune tenace, née chez eux de leur fin de règne précipitée par la force des urnes à un moment où ils s’y voyaient encore. Chassés du pouvoir par le suffrage universel plus tôt que dans leurs prévisions, ils en ont développé l’art du verbe incendiaire qu’ils s’emploient à conjuguer en général contre leurs successeurs directs ou indirects, persécuteurs désignés de leurs fils héritiers résignés. Au Bénin, Nicéphore Soglo ne manque pas une occasion de vociférer, à mots crus, son dédain pour Patrice Talon et ses hommes quitte à tomber dans les vapes une fois en passant. Au Sénégal, Abdoulaye Wade est à fond sur Macky Sall, le Président sortant en campagne pour une réélection le 24 février. Rentré de Versailles à Dakar pour s’opposer à la tenue du scrutin parce que le jugeant inéquitable et plié d’avance, l’ancien Chef d’Etat sénégalais a appelé ses compatriotes à brûler leurs cartes d’électeurs. Carrément ! Son alter ego béninois, au front pour les législatives du 28 Avril dans son pays, n’est pas moins capable de pareil extrémisme. Ça sort comme ça sort.
Hercule et Gorgui, même pépé, même tabac !

Martin SENALIDE

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